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Aka Aouélé: “Le manque de moyens financiers est le vrai handicap des régions”

L’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire (Ardci) organisera, les 27 et 28 février un atelier sur le financement du développement urbain et territorial durable en Côte d’Ivoire. Son vice-président situe dans cet entretien les enjeux de ce forum.

 

Dans quel contexte se tient le forum d’échanges sur le financement du développement urbain et territorial durable en Côte d’Ivoire ?
Il faut rappeler que le Fonds mondial du développement des villes a noué ces dernières années des partenariats très avancés avec la plupart des ministères de notre pays. Mais surtout avec les collectivités territoriales, communes et régions. Et particulièrement avec les faîtières de ces collectivités dont l’Uvicoci et l’Ardci. Le Fonds mondial du développement des villes a, se faisant, développé un certain nombre d’activités liées aux questions de financement du développement local comme l’accompagnement des projets, l’organisation d’ateliers ou le rayonnement international des collectivités à travers leurs faîtières ou le Forum de rencontres avec les entreprises françaises. Le forum s’inscrit dans cette logique de partenariat de la mise en œuvre des programmes avec les collectivités.

Quels sont les enjeux de cette rencontre ?
Il s’agit de permettre aux responsables techniques et politiques des villes, communes et régions ivoiriennes de renforcer leurs capacités d’action et de prise de décisions à travers des échanges avec les experts et les praticiens. Ces échanges porteront sur des solutions innovantes de financement comme, par exemple, l’accès aux marchés financiers et l’emprunt ou le système de partenariat public et privé. Mais également de rencontrer des partenaires techniques et financiers pour identifier les opportunités de développement de projets ou envisager des collaborations futures avec les bailleurs de fonds.

Quelles sont les attentes des élus que vous êtes au cours de ce forum, lorsqu’on sait que la problématique du financement du développement dans les régions est assez complexe ?
Nous attendons que cette rencontre dégage les mécanismes nécessaires pour faire respecter le cadre juridique et règlementaire au niveau des collectivités. Autrement dit, comment faire pour que le transfert de compétences que nous appelons toujours de tous nos vœux et surtout l’autonomisation de gestion des collectivités soit une réalité.

En clair, la problématique du transfert des compétences et des moyens occupera une place de choix dans les débats.
Il faut dire qu’au niveau des ressources humaines, un effort considérable est fait. Il est souvent mis à notre disposition du personnel de qualité. Le système de formation et d’information également existe. Il reste que le volet financier et matériel demeure notre point faible. Nos ressources sont extrêmement faibles. Imaginez que pour des régions comme les nôtres qui ont une population qui tourne autour d’un million d’habitants, nous avons une dotation budgétaire d’environ 700 millions de Fcfa. Notre vrai handicap, ce sont les moyens financiers et matériels. Il faut que des propositions concrètes soient faites pour combler cette insuffisance majeure pour les collectivités.

Ce forum va-t-il constituer une occasion de lancer un appel aux pouvoirs publics ?
Bien sûr. Nous allons demander aux pouvoirs publics de traduire véritablement dans les faits la politique de décentralisation. Parce que la volonté politique a été affichée depuis la communalisation en passant par les Conseils généraux, pour atteindre aujourd’hui, les Conseils régionaux. Donc la volonté politique est clairement affichée. Mais, la décentralisation ne saurait être effective tant que les collectivités n’auront pas les moyens nécessaires de leur politique. De ce point de vue, en ce qui nous concerne au niveau de notre région, le Sud-Comoé, nous avons initié un fonds d’investissement appelé « Sud-Comoé Invest ». C’est un fonds dont nous sommes en train de mobiliser le capital en demandant aux fils et filles de contribuer à sa mise en place. Dans un premier temps, le capital de ce fonds va tourner autour d’un milliard de Fcfa. Une fois en possession de ce capital, nous pourrions aller au rendez-vous avec les investisseurs potentiels à l’effet de financer les projets que nous avons déjà identifiés.

Interview réalisée par

BROU PRESTHONE